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CHARDONNAY et CIE
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Direct producteur !

En voici une que j'ai entendu souvent : depuis 1999 que je suis dans le commerce (je ne vais pas vous refaire mon CV, mais j'ai commencé en travaillant pour un antiquaire en 1996 mais cela n'avait rien d'officiel !) j'ai des clients qui me demandent si l'enseigne pour laquelle je travaille se fourni directement auprès des producteurs.
Dans le secteur du prêt-à-porter, c'est bien plus compliqué qu'il n'y paraît : tout dépend des enseignes et de leur politique achat.
Dans la literie, tout le monde se fournit directement auprès des marques, ensuite, c'est chacune ses conditions, avec parfois de quoi devenir dingue...

De même, dans le joyeux secteur du vin et de la bière, cela dépend du producteur. Pour ma part, c'est le cas systématiquement pour tout ce qui est produit en France, à une nuance près, c'est que tous les vignerons ne sont pas capables de vendre leur vin ; il y a des hommes et des femmes qui sont bien dans leurs vignes ou dans leurs chais, mais pour ce qui est de distribuer le fruit de leur travail, c'est trop leur demander ! Alors ils passent par des agents, qui touchent une commission en fonction des ventes...et là encore, il y a une distinction à faire entre ceux qui ont du vin à vendre et ceux qui ont des vignerons à promouvoir : je préfère cent fois ces derniers qui auront toujours plus le côté passionné, et qui en plus pensent moins à leur commissions qu'à bien expliquer la philosophie d'un domaine !

Et enfin, il y a des domaines et des brasseries où les équipes font tout eux-mêmes, y compris quand c'est une équipe d'une seule personne. Ils ne sont pas bien nombreux, je vous garantis !

Pour les spiritueux, tout fonctionne généralement via des sociétés d'importations spécialisées, et étant donné l'immensité des choix existants, heureusement car il ne faudrait se consacrer pratiquement qu'à aller visiter toutes les distilleries du monde entier pour se faire une gamme. Travail assez extraordinaire, certes, mais assez chronophage !

Rédigé le  10 mai 2022 16:56  -  Lien permanent
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Le prix de nos valeurs...

Le prix de nos valeurs c'est le titre d'un livre, celui coécrit par Augustin Landier et David Thesmar...et si je m'inspire très librement de leur ouvrage pour ce billet, c'est bien qu'il y a quelque chose à en dire pour le monde du vin...

Car oui, si on veut parler argent, produire du vin n'est pas donné ; produire du bon vin l'est encore moins, produire un vin qui soit à la fois qualitatif à la dégustation et au moins neutre pour le monde, cela devient pratiquement un luxe !

Les dernières années ont été marquées par tout un tas d'évènements mondiaux sur lesquels il est je crois inutile de revenir ; en plus de tout cela, les conditions météorologiques n'ont pas favorisé la production viticole française...donc à la base, rien n'est fait pour que cela aille bien ! Naturellement les prix montent, le plus petits domaines viticoles n'ayant pas d'autre choix pour survivre.
En parallèle, et pour faire face à la demande de vin issu de viticulture biologique, beaucoup de domaines se sont lancés dans la certification. Le petit logo vert, que l'on trouve de plus en plus sur les étiquettes de nos bouteilles, représente un coût non négligeable : en pus du processus de certification, le travail à la vigne demande bien plus de temps et de main-d’œuvre. Pour faire simple, David, vigneron en Beaujolais au domaine Ruet, m'a expliqué son calcul, et le résultat est sans appel : +30% pour faire une cuvée bio.
Hors de prix, me direz-vous ?
Pas tant que cela...car si c'est pour avoir des sols plus propres, moins d'écoulements de produits issus de l'industrie phytosanitaire dans nos nappes phréatiques, dans nos cours d'eau (et à terme dans la mer) et surtout un vin qui soit plus sain pour la consommation, alors que risque-t-on ? De boire moins, peut-être, mais surtout de boire mieux !
Rédigé le  9 avril 2022 17:23  -  Lien permanent
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Commerçant : quelle passion...?

Il m'arrive régulièrement d'avoir des personnes en boutique qui me demandent comment je suis devenu caviste. Je pourrai raconter une belle histoire, mais finalement la réalité est bien plus intéressante ! Avant même d'arriver sur Lyon pour celle qui est aujourd'hui mon épouse, j'ai toujours été commerçant : si au début je suis rentré dans les magasins de prêt-à-porter un peu par hasard, je m'étais piqué au jeu...dans les grandes enseignes où les clients se servaient eux-mêmes, j'avais à cœur d'aider mes équipes à bien faire leur travail, et surtout à prendre plaisir à venir travailler tous les jours...

Les années sont passées, j'ai progressivement évolué pour des enseignes qui privilégiaient le conseil au client, avec des rapports humains assez forts pour que le mot service prenne tout son sens. Comme une évidence, il m'est apparu que le métier de commerçant était de rendre service : un client, c'est très souvent quelqu'un qui a un problème, et il s'adresse à moi pour que je puisse l'aider à le résoudre !

Et le vin dans tout cela ?

Quand j'ai voulu prendre mon indépendance professionnelle, il était clair que le marché de la mode grand public en France était arrivé à un point assez complexe : beaucoup d'offres, de moins en moins de demande ! Alors après réflexion en famille, le vin est venu comme une évidence : j'allais pouvoir résoudre les problèmes de mes clients (quel vin à offrir, quel vin pour quel plat...?) et en même temps, valoriser le travail d'hommes et de femmes qui donnent tout ce qu'ils ont pour réaliser les plus belles cuvées !


Pour moi, c'est bien cela être commerçant à Lyon, dans ce petit quartier du 3ème arrondissement : passion du produit et du service...et pourvu que cela dure longtemps !

Rédigé le  20 mars 2022 9:57  -  Lien permanent
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Du rosé...pour quelle occasion ?

Nous y sommes enfin ! Les beaux jours, le soleil, la chaleur, les barbecues, les apéros...tous les ingrédients sont enfin là pour que nous puissions enfin savourer ces crus rosés qui appellent les vacances ! Mais tous les rosés ne se valent pas, et certains sont au top pour "juste boire un verre", d'autres se révèleront bien plus intéressants en cuisine...Faisons donc une route des rosés, d'Ouest en Est !

  • La Dune : désormais incontournable de la boutique depuis deux ans, nous sommes au bord de l'Atlantique, pour un rosé purement gastronomique ! Léger, océanique, tout en finesse, il est à démarrer en apéritif, puis à continuer sur une cuisine marine, fraîche comme lui peut l'être !

  • La Vie en Rose est une cuvée du même auteur que La Dune, 100% négrette et en hommage à la vie de Toulouse : du fruité mais également de la fraîcheur, parfait pour passer à table pour accompagner des grillades peu épicées, une salade d'été..
  •  le Miraflors, du domaine Lafage : en Côtes Catalanes, avec du soleil mais surtout de la minéralité et de la fraîcheur. Niveau apéritif, on est bien !

  • La Vallée de Paradis, au sud de Narbonne, est trop peu connue, mais son rosé vaut le détour pour des arômes de fruits rouges qui restent bien frais ; à ouvrir pour un apéritif, et à poursuivre à table sur une cuisine estivale comme un gaspacho, des brochettes de volailles...

  • L'Audène est également un permanent de la boutique, et pour cause ! 100% syrah issu des terroirs proches de Carcassonne, voici un rosé qui se veut épicé, au top pour un barbecue, une cuisine méditerranéenne ou nord-africaine (couscous, tajine...).

  • La Marinière, c'est plus un surnom qu'un nom : 100% grenache gris, origine de Sète, se distingue par son aspect "sec" et marin : pour l'apéritif, je confirme que c'est un bon choix !
  • Le Rosé de Rêve du domaine de la Grande Sieste vient d'Aniane, près de l'appellation Saint-Guilhem le Désert. Nous sommes au nord-ouest de Montpellier, qui se révèle assez vite enthousiasmant par son arôme groseille légèrement acidulé : vif, il appelle le bon moment passé entre copains à l'apéro !

  • Le tour du Languedoc ne serait pas complet sans Argali de Puech Haut ! Valeur sûre, il est toujours élégant et léger que beaucoup pensent qu'il est de Provence. Moi, je sais qu'il est de l'apéritif, et que si la bouteille y survit, elle sera achevée avec la suite du repas pourvu que ce soit sur une jolie cuisine estivale pleine de fraîcheur !

  • Le Château de l'Aumérade, en Côtes-de-Provence, produit des vins très intéressants : l'Aumérade Style, que je recommande pour un apéritif fruité et aux accents de bonbon anglais, et la cuvée Marie-Christine, bien marquée groseille et prune, qui sait rester frais et élégant, parfait en accompagnement d'une cuisine méditerranéenne comme une ratatouille, une salade niçoise, une daurade grillée...

  • Madame est un véritable passe-partout ! au Pied de la Montagne Sainte-Victoire, un assemblage qui s'ouvre à l'apéritif, mais qui se lie également très bien avec des grillades, une cuisine légèrement épicée...

  • Restons sur Sainte-Victoire avec le domaine atypique du Château Grand-Boise : 500 hectares, seulement 45 de vignes ! Et pour ce rosé d'un équilibre remarquable entre le fruité, le minéral, la fraicheur, la finesse, on retrouve la même problématique qu'avec l'Argali : si on passe l'apéritif, alors on pourra la mesurer sur une belle cuisine d'été ou méditerranéenne.
  • Le Domaine de Terrebrune produit l'un des meilleurs bandols qu'il m'ai été donné de goûter. Rond, expressif, complexe, il appelle sans conteste à passer à table : assurez-vous que vos invités ne boirons pas ça comme de l'eau à l'heure de servir le plat de viandes du barbecue, la dorade royale, le tajine (ou les trois à la suite...) ! En cas de doute, c'est un des rares rosés qui puisse se conserver plusieurs années !

  • Enfin, le "best of" ne peut pas se terminer sans la Figuière ! De la finesse, équilibre parfait, pour un apéritif de qualité (oubliez les cacahuètes !) entre gens de qualité !

Rédigé le  13 juin 2021 9:51  -  Lien permanent
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Je vous recommande...

Voilà désormais un peu plus de deux ans que la boutique est ouverte, et tout autour, sont installés depuis peu ou depuis longtemps des commerçants et des artisans qui font rayonner la gourmandise ! Voici donc un rapide tour d'horizon de celles et ceux que je vous recommande...si vous ne les connaissez pas encore !

  • L'Epis Curien : derrière ce nom curieux ne se cache pas du tout Philippe Hiriart, boulanger, pâtissier, chocolatier et glacier ; c'est sur cette dernière spécialité que mon voisin s'est distingué en devenant Meilleur Ouvrier de France ! Après des années passées en Corée du Sud, il est revenu à Lyon reprendre le flambeau : c'est son père qui avait ouvert cet établissement en 1962...et si vous ne connaissez pas Philippe, prenez le temps de papoter avec lui : il vous expliquera comment on fait pour que tout soit maison, de la simple baguette aux desserts les plus élaborés....et c’est pour cela - entre autres - que ses viennoiseries sont uniques...
  • Le Coq et la Mule est un restaurant franco-espagnol, tenu par Marta, une reconvertie qui a laissé tomber un job en or pour passer son CAP et et aux fourneaux. Là, on trouve une cuisine authentique, non pas par simple respect des traditions culinaires catalanes, mais surtout parce qu'elle y met son âme ! Et franchement, ça change tout : ici aussi tout est maison (il m'est arrivé d'aller la voir de bon matin et de la voir faire ses crèmes brûlées...rien que de la voir faire, j'en aurais bien tapé deux ou trois !) avec bonne humeur et générosité méditerranéenne !
  • Dans la série des reconversions, si vous ne connaissez pas la Boucherie Paupiette, allez rencontrez Dorian et Aurélia ! Avec leur équipe, ils prennent un plaisir four à  travailler leurs recettes entre autres de pâtés en croûte (ou pâté-croûte...?) de saucisses, de paupiettes bien sûr...tout étant de saison ! Pour les amateurs, ils savent également maturer la viande, et à la demande, je vous recommande les plateaux de raclette, de pierrades ou de charcuterie !
  • Solène était attachée de presse, dans le sud de la France. Et puis elle est partie avec son homme en road-trip en Amérique du Sud : juste un sac à dos, une bonne paire de chaussures de marche, et hop ! c'est parti pour 6 mois ! Elle en est revenue avec l'idée de faire des Empenadas, ces chaussons fourrés que l'ont retrouve notamment en Argentine. Elle a travaillé comme une dingue pour ouvrir son établissement : ¡ Muchachas ! est arrivé rue Paul Bert, et c'est un régal ! Le fait-maison est roi, la bonne humeur est reine, la gourmandise est juste partout !
  • Quand Pierre-Alain est venu me voir pour me parler de son projet de fromagerie, je ne lui ai pas dit que c'était une bonne idée. Je lui ai dit que c'était une boutique attendue comme les enfants attendent le père Noël ! Avec Angélique, j'ai en face de ma boutique deux passionnés, fondus et mordus de fromages, qui non content de bien faire leur métier, savent en plus réaliser des plateaux à tomber par terre. Au moment où je tape ces lignes, la fromagerie est ouverte depuis 6 mois, et c'est déjà un incontournable de notre quartier !
  • Wenli est chinoise. Au Ravioli Gourmet, quand je l'ai rencontrée, je lui ai demandé "une vraie chinoise, pas une vietnamienne déguisée ?". Si ma question l'a fait rire, c'est que trouver de la vraie gastronomie chinoise n'est pas aisé. Ici, de la gourmandise, du début à la fin...et bien entendu, tout est réalisé sur place, avec ce même leitmotiv : la passion ! Jetez un œil par-dessus la banque, et vous verrez sa cuisine : vous comprendrez alors qu'il y a des métiers qui ne s'improvisent pas !
  • Comment ne pas terminer avec Lello ? Maître de la cuisine italienne, loin des clichés classiques, on est dans la gastronomie (la vraie, suis-je tenté d'écrire !) et il faut le manger pour le croire ! Une pizza aux antipodes des chaînes que l'on retrouve dans toutes les villes de France (voire du monde...) un plat de pâtes qui a du goût (d'ailleurs, les spaghettis bolognaises n'existent pas en Italie !)...si vous n'avez pas encore passé le pas de l'Osteria, dites-vous simplement que vous allez voyager !
Nombreux sont ceux que je n'ai pas cité ici...mais si vous descendez la rue Paul Bert, vous allez passer devant quelques seuils de restaurants...et tous valent le coup d’œil à la carte !
Rédigé le  26 mai 2021 10:50  -  Lien permanent
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Bio ou pas bio ?

Voilà un certain temps que j'entends tout un tas de choses sur le vin bio ou nature. Marketing ou engagement du monde agricole ? Et faut-il des lois pour interdire les produits phytosanitaires eux-mêmes non "biologiques" ?

De mon côté, je me suis fait une religion : il y a bien évidement ceux qui respectent la nature au plus haut point, et oui, j'aime travailler avec ces vignerons qui prennent autant soin de l'environnement que de notre santé (à la vôtre !). Mais si les abeilles et autres insectes (et les autres animaux qui se nourrissent d'insectes) sont les premiers concernés par notre façon de cultiver la terre, il n'y a qu'une seule façon de pousser les producteurs (et pas que de vin) à l'agriculture la plus saine possible : c'est au client consommateur de pousser ces mêmes producteurs à la qualité environnementale.
Et là, c'est le même débat qu'avec la voiture électrique : le client ne veut plus d'essence, il ne veut pas plus de Round-Up. Alors il regarde l'étiquette, compare, se renseigne, et décide. Si la part de l'agriculture certifiée bio augmente tous les ans, ce n'est que parce que nous sommes dans un marché ouvert et concurrentiel...pas besoin de législation, juste une réflexion d'achat.
Mais le bio est plus cher ?! Parfois, oui, quand les rendements baissent, le prix unitaire à tendance à monter. Sauf si le producteur décide de se passer des coûts marketing de son exploitation. Et là, ça devient intéressant pour tout le monde !
Pour obtenir la certification "produit issu de l'agriculture biologique", il faut tout un processus de quatre années, avec un cahier des charges précis et rigoureux. Le hic, c'est qu'il y a beaucoup d'exploitations dans lesquelles l'agriculteur (ou le vigneron dans mon cas) est seul, et bien plus compétent pour produire du bon vin que de remplir des cases administratives. Et tout cela, le client l'ignore pour la plupart du temps...
Alors que fait-on ? Pour ma part, j'ai choisi de faire confiance à des hommes et des femmes qui vivent leur terroir comme d'autres vivent le football ou la peinture. De la passion, mais surtout le respect pour le vivant et leur client pour que quoiqu'il en soit, ouvrir une bouteille reste un plaisir !
Rédigé le  15 déc. 2019 11:04  -  Lien permanent
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